08.11.2007
L'opium du peuple?
Les médias sont « l’opium du peuple »
Bernard Arnault, la première fortune de France (voir le classement de Challenge), vient de racheter les Echos, premier quotidien économique, contre la volonté des ses journalistes. Encore un patron à la tête d’un journal ! La quasi-totalité des médias est entre les mains de grandes familles bourgeoises et de grands groupes (Amaury, Bertelsmann, Bolloré, Bouygues, Dassault, E. de Rothschild, Lagardère, Filipacchi Medias, Pinault, Vivendi etc.) dont l’unique préoccupation est de faire du profit. Il va sans dire que la complicité entre le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique est totale. Le rôle du pouvoir médiatique dans la victoire de Sarkozy aux élections présidentielles a été déterminant. Certains groupes dépendent économiquement, par leur marché, de l’Etat. Des journalistes sont conseillers du président de la République (Georges-Marc Benamou, Patrick Buisson) et des conseillers du président sont dans les directions des chaînes privées (voir le cas Laurent Solly). Des grands noms du journalisme sont même décorés de la Légion d’honneur pour services rendus (Alain Duhamel, Claude Estier, Jean Boissonnat, Maurice Lévy etc.). Il y a donc une imbrication des intérêts et une dépendance mutuelle.
Les rares médias qui échappent encore, en partie ou en totalité, à ces groupes sont marginalisés. Les émissions, un tant soit peu, critiques sont supprimées (Arrêt sur Images) ou déplacées (Là-bas si j’y suis). Les journalistes qui ne rentrent pas dans les rangs ou qui, tout simplement, tentent de faire honnêtement leur travail sont licenciés (Antoine Peillon, Raphaëlle Picard, Daniel Schneidermann et bien d’autres). Des perquisitions sont menées dans les locaux des journaux récalcitrants (Canard Enchaîné).
L’information dans ces conditions ne peut être qu’au service des intérêts des classes dominantes : occulter les luttes sociales et mettre en exergue tout ce qui peut détourner de la réalité économique et sociale l’attention des classes dominées. Le sport, les faits divers, la météo, les grandes messes caritatives (Téléthon, Sidaction etc.), les variations des cours boursiers etc. occupent une place centrale dans les médias notamment télévisuels. En ce mois de novembre 2007 où la résistance au pouvoir prend forme et s’amplifie (grèves des cheminots, des agents d’EDF-GDF, des salariés de la Poste et de France Télécom, des enseignants, manifestations des avocats, occupations des facultés par les étudiants etc.), les médias, quant à eux, parlent davantage de « l’affaire » Arche de Zoé et des voyages incessants de Sarkozy, lequel par ailleurs, est présent en permanence dans tous les médias. Jean-Michel di Falco, évêque de Gap, disait en paraphrasant K. Marx « la télévision est l’opium du peuple » (1). On peut très bien tout aussi dire que les médias en général et non seulement la télévision sont « l’opium des peuples ».
Nathalie
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